L’actualité géopolitique et géoéconomique nous percute et nous montre que rien n’est acquis en matière de modèles de composants ou de systèmes informatiques.
Les industriels sur qui n’importe quelle DSI pouvait s’appuyer naguère, sont aujourd’hui les acteurs, bon gré mal gré, d’un bouleversement des pratiques et des mœurs commerciales.
Dès lors, chacun s’interroge : sur qui allons-nous pouvoir compter dans les années qui viennent ? Certains éditeurs jouent un bras de fer, brutal ou prolongé, conduisant certains clients à revoir leur architecture, au-delà des produits, certains de ces produits étant de quasi-monopoles de certaines architectures.
Tous les diagnostics que nous faisons pour nos clients font apparaître et mesurent une dépendance à tous les étages : composants électroniques, infrastructures, systèmes d’exploitation, virtualisation, dispositifs de sécurité, hébergement et Cloud, dette logicielle dans les programmes, y compris Open Source.
Les plus gros éditeurs sont omniprésents, tant sur les logiciels eux-mêmes, que sur leur accès à travers la généralisation des modèles en SaaS.
Quel paradoxe ! A l’heure d’une cybersécurité entrée dans les esprits à défaut des systèmes, nos données les plus sensibles ne sont plus en sécurité.
D’un autre côté, la roue tourne et il n’est pas question qu’elle s’arrête de tourner, et que l’on revienne au boulier et au bas de laine.
Alors comment et en combien de temps reprendre la main sur nos données et les systèmes qui les font vivre ? Et qui, dans un univers de confiance, dispose de ce pouvoir ?
Dans un premier temps, ce que nous avons en commun, ce sont les données et les processus de la sphère publique, laquelle, ne l’oublions pas, est en pleine transformation numérique.
Dans ce cas, c’est l’Etat qui est aux commandes. L’Etat c’est une bonne trentaine de ministères et Secrétariats d’Etat (actuellement 34), dont les périmètres et missions changent au fil des changements de gouvernements, et dont les systèmes d’information disposent d’une forte indépendance les uns vis-à-vis des autres.
C’est aussi l’ANSSI, Comcyber et les autres institutions régaliennes qui veillent efficacement sur la sécurité des données de l’Etat et au-delà.
C’est enfin, la DINUM, Délégation Interministérielle au Numérique, boîte à outils commune, mais pas unique, aux uns et autres.
Et la souveraineté alors ?
Cet ensemble de services opérationnels et de petites structures de recherche et développement, ne pourrait-il pas, à condition de l’organiser à cet effet en mode souverain, rendre nos données et nos processus plus sûrs ?
Pourquoi pas, mais moyennant une gouvernance unifiée et convergente qui mette en œuvre une stratégie industrielle pérenne et évolutive. Et une telle architecture doit traverser les changements de gouvernements et de nominations pour services rendus ou pour mise en orbite de carrières.
La question de la gouvernance unifiée et convergente une fois réglée, quid de la stratégie industrielle ?
Quel niveau d’industrialisation des logiciels sur les serveurs, sur les postes de travail, dans les infrastructures, pour les métiers … ?
Et quel niveau d’industrialisation des équipements, postes de travail, serveurs, mémoires, processeurs, unités de stockage … ?
Et une fois ces axes stratégiques définis, quid de la production industrielle et de tout ce qui va avec ?
Et, une fois n’est pas coutume, l’Etat pourrait-il inspirer nos entreprises privées, mais aussi les soutenir ?
LIC réfléchit à ces sujets depuis quelques temps. Et nous sommes ouverts à des échanges constructifs sur ces sujets avec des professionnels de bonne volonté.
Eric Nizard, Président de LIC


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